Mensuel d'informations générales de la consommation des crédulités


La réponse apportée à cette interrogation, posée en 1657, pour la première fois en France, émane d’un révérend père Jésuite. Dont la moralité chrétienne, et la croyance en Jésus Christ ne saurait être mises en doute. Il posait, avec courage, la question des sévices corporels applicables aux astrologues, et aux voyants, en citant plusieurs exemples tirés de l’histoire, que bien entendu les divinateurs passent sous silence. Nous citerons quelques uns des cas publiés par Jacques de Billy, et nous ajouterons un exemple supplémentaire, rapporté par le Fakir Birman, à la veille de la seconde guerre mondiale, à Paris. Car au fil des siècles les solutions ne varient guère, quelque soient l’état du droit appliqué dans le pays, sous la monarchie, la république ou l’empire.


De l’usage autorisé, ou défendu, des sévices corporels et spirituels contre les divinateurs

Le révérend Père Jacques de Billy, de la Compagnie de Jésus, pose la question controversée de l’usage des sévices corporels, en y répondant positivement, dans le Tombeau de l’astrologie Judicaire. Il explique sa position en citant plusieurs exemples au fil des siècles contre les divinateurs. Ainsi qu’en justifiant son point de vue chrétiennement. Les astrologues, et les voyants, il convient de les étrangler afin qu’ils cessent de nuire à la société. Jacques de Billy rappelle que les astrologues voyants entretiennent des relations avec les démons. Il convient de s’entendre sur l’emploi de ce mot. Démons diffère ici des cas de possessions diaboliques, chers aux souvenirs d’enfance de Mme Judith Fricot, par exemple. Laquelle raconte sur son blog se délecter des horribles fantaisies d’Amytiville, de l’Exorciste, des aventures d’Harry Potter et autres histoires à se faire peur la nuit, sans pouvoir dormir debout. Pour s’en convaincre il faut lire les témoignages des premiers contemporains de la naissance de l’Eglise chrétienne, notamment le LLP (le livre des lois des pays) de Barderiane lequel raconte, avec d’autres, les sacrifices humains en l’honneur de Mars, ou de la Lune à Ephèse. La religion astrale planétaire était aussi cruelle que la religion inca réclamant son lot de victimes sacrificielles, afin d'éteindre la soif sanglante des dieux planétaires. Il est pour le moins révoltant de lire, au XXIe siècle, les propos insensés d’une Valérie Darmandy, selon lesquels la religion astrale de l’astrologie l’a sauvée de ses crises d’épilepsie. A-t-elle sacrifié lors d'une cérémonie secrète, selon le mode du Grand Albert, son pucelage aux démons planétaires?


Bien peu de chose en vérité Une offrande sans valeur, notamment pour Mars, ordinairement plus habitué aux garces qu'aux pucelles. A moins que Valérie Darmandy n'ait essayé le remède anti écliptique décrit par Guy Patin dans sa lettre du 30/12/1664. Les mêmes démons planétaires suscitaient des sacrifices humains pires que les féroces combats de gladiateurs dans le cirque. Les noms des planètes astrologiques caractérisent les dénominations des premiers démons, dans la religion chrétienne, sans qu’il soit besoin d’invoquer lors de messes noires le diable Verrines, pour perturber les dortoirs des Ursulines à Marseille comme à Loudun.


«les astrologues sont condamnés par les Pères et foudroyés par les conciles. Il n’est plus permis de les fréquenter il faut les excommunier» écrivait Jacques de Billy à la fin du chapitre 1er du Tombeau de l’Astrologie Judiciaire. Judith Fricot excommuniée, et vlan dans le nez.

Qui exécutera sa sentence en fulminant la bulle? Excommuniée, et damnée pour l'éternité pour son commerce avec les démons de la voyance. Il ne reste plus à Judith Fricot qu'à faire amende honorable, la corde au cou, un cierge à la main, nue en chemise, sur le parvis de la principale porte de l'église de son bled, avant d'être conduite au bûcher pour y être brûlée vive comme sorcière. Elle vivra ainsi, intensément, l'ambiance des sorcières de Salem qu'elle aime tant. Sic itur ad astra. Voila la voie vers les étoiles selon Plaute auro presentario, paiement comptant.


A cette sentence religieuse, toujours en vigueur, jacques de Billy ajoutait la violence, les coups, la maltraitance et les brutalités diverses. Tout d’abord en relatant celle des puissants contre les divinateurs. Dion Cassus raconte que Tibère étant à l’île de Rhodes prit la résolution de précipiter dans le vide l’astrologue Thrasyllus en pensant que par la judiciaire il connaissait ses pensées les plus secrètes. Thrasyllus ayant compris son projet, interrogé par Tibère, se montra extraordinairement triste. Il répondit s’inquiéter pour lui-même parce qu’il était en danger. Tibère renonça alors à son projet de l’assassiner.


Nicetas raconte au quatrième livre de son histoire que dans la ville de Constantinople deux hommes faisant profession d’astrologue, l’un s’appelait Selerus Sethus et l’autre Michael Sicidites étaient aussi magiciens convaincus d’avoir communication avec le démon, ces informations remontèrent jusqu’à l’empereur Manuel Comnene, lequel leur fit crever les yeux.


Paul loue la mention dans ses Éloges d’une aventure remarquable survenue au fameux Lucas Gauricus. Celui-ci fut assez hardi pour entreprendre de dresser l’horoscope de Jean Bentiuoglio. Après avoir trouvé par la conjonction des astres qu’il devait être chassé honteusement de la ville de Felsine dont il était gouverneur, il lui en apporta la nouvelle, ajoutant que ses trois enfants étaient exposés à la

même infortune que lui et finiraient malheureusement leurs vies. Bentiuoglio qui était un homme farouche, ne supportant pas la raillerie

fit donner à Gauricus une cruelle estrapade, cinq fois consécutivement,

montrant par là que ceux qui se mêlent de faire de fausses prophéties

pour les autres, ignorent aussi ce qui doit leur arriver.


L’histoire de Milan raconte que le duc Jean Galeace, sachant qu’il existait dans la ville un homme qui se mêlait des horoscopes, le fit venir à lui, en commandant de lui donner l’année, le jour, l’heure et à peu près la minute de sa naissance, lui ordonnant de revenir quelque temps après pour lui dire fidèlement ce que lui pronostiquaient les constellations, à propos de sa vie et de sa mort. Celui-ci s’exécuta. Après lui avoir raconté plusieurs sornettes, il l’informa que son destin se rapportait à une mort violente à la fleur de l’âge. Et toi dit le duc à l’astrologue? Quand? Et comment mourras-tu? Il répondit que les astres lui faisaient espérer une longue vie suivie d’une mort naturelle. Le duc fit mentir ce pronostic en ordonnant d’étrangler sur le champ l’astrologue en qualité d’imposteur, et de perturbateur du repos public.

Un astrologue anglais qui vivait au temps du roi Henri VII, ravissait tous les peuples de son pays par ses prédictions, et par les fortunes qu’il pronostiquait à tout le monde. Le roi ayant eu vent de ses pratiques et désirant réprimer son insolence le fit venir en son palais et lui demanda en quel lieu il comptait passer les fêtes de Noël. Le judiciaire répondit qu’l n’en savait rien. Le roi lui déclara alors être meilleur astrologue que lui en l’informant qu’il les passerait dans la Tour de Londres. En même temps il commanda qu’on le saisit au corps et qu’on le conduisit en ce lieu de sûreté où il apprit à ses dépens que les princes ont plus de pouvoir sur notre liberté que les astres.


Dans ses Mémoires, et ses Souvenirs Secrets, le célère Fakir Birman de Paris rapportait en 1946 le fait suivant : «la campagne de chantage à mon encontre était commencée. Un organe confidentiel dont j’ignorais l’existence me fut adressé au courrier du matin. Avec le titre l’escroc Birman. A midi le directeur prit la peine de me téléphoner «je vous ai adressé ce matin mon journal et je serais très heureux de vous y voir passer votre publicité». L’audace de ces gens là est monumentale. Il leur arrive aussi de tomber sur des «clients »qui s’embarrassent le moins des formes juridiques. C’est ainsi que celui qui me téléphonait se retrouvait un soir, totalement déculotté rue de Tilsitt, barbouillé avec une matière onctueuse, particulièrement odorante, que la décence m’empêche de nommer ici » Les personnes en mesure de se procurer une copie vidéo du film Topaze, avec Fernandel, comprendront les propos exposés par le Fakir dans ces lignes.


Sans conclure ce propos, ouvert par le révérend père Jésuite Jacques de Billy, il convient de rappeler aussi, que les astrologues voyants donnent lieu à de savoureuses blagues, dont l’une est rapportée en ces termes, et dont Jean Baptiste Morin chercha à tirer vengeance, sans y parvenir. Ferdinand de Gonzague, duc de Mantoue, né le 27 janvier 1507 avait quatre planètes en position du dommage, le soleil dans aquarius, vénus dans le béier, saturne dans le lion, mercure dans les poissons, il était exposé à une vie pleine de malheurs, et il vécut entouré de prospérité.


Guillaume de Gonzague duc de Mantoue avait chez lui une bête de selle, pleine d’un mulet. La période de mettre bas arrivant, le duc demanda à Frère Paul de veiller la bête, d’observer exactement l’heure à laquelle l’animal mettrait bas, afin de dresser son horoscope. Ce prince fit établir plusieurs copies de cette pancarte du ciel et les adressa aux plus grands astrologues européens, établis en Italie, ainsi que dans les royaumes voisins. Chaque copie accompagnée d’une bourse, en les priant de lui adresser le texte de l’horoscope d’un bâtard né dans son palais, sans leur révéler sa géniture. Tous ces judiciaires se prêtèrent à l’exercice. Leurs réponses donnèrent lieu à de nombreuses moqueries car aucun d’entre eux ne fut en mesure d’identifier la pancarte du ciel d’un mulet. Certains écrivirent que ce bâtard serait un jour général d’armé. D’autres prophétisaient qu’il obtiendrait des dignités sacerdotales. Qu’on le verrait un jour évêque, ou archevêque. Qu’il aurait même le chapeau de Cardinal. Un d’entre eux assura qu’l deviendrait pape. Cette histoire désopilante montre qu’un bâtard de mulet trompe facilement les astrologues lorsque l’on se sert de leurs outils. Faisons l’expérience de pensée de la naissance d’un enfant à Mantoue, simultanément à celle du mulet. Cela voudrait dire que les prévisions recueillies par le duc de Mantoue s’appliqueraient aussi à lui. Combien de personnes seraient-elles ainsi concernés par ces mensonges ?


Jean Baptiste Morin chercha à tirer vengeance de cette histoire de mulet en racontant qu’il avait prédit, à Marie Louise de Gonzague, qu’elle épouserait un roi. Lors de la sortie de son Astrologia Gallica, Morin publiait une lettre en latin dénonçant l’avarice, et l’ingratitude, de celle qui devint, selon sa prévision, reine de Pologne, lorsque le Cardinal Mazarin succédait à Richelieu défunt. Marie Louise de Gonzague ne déboursa pas un fifrelin pour payer l’impression de l’Astrologia Gallica. Morin avait omis de préciser que la Reine de Pologne était une Janséniste convaincue pratiquante, rigoriste, dont on retrouve la biographie sommaire dans le Nécrologe de Port Royal. Incompatible avec l’astrologie. En 1661, sans y parvenir, la propagande de Morin essaya de ternir la réputation des Gonzague de Mantoue afin de remplacer l’histoire du mulet par la contribution aux frais d’édition d’un traité d’astrologie. Vengeance loupée.

Le débat est ouvert, sur le recours aux blagues et aux sévices corporels contre les astrologues voyants. L’état du droit interdit, bien entendu, la justice privé, unanimement condamnée. Toutefois Jacques de Billy indique une troisième voie, légalement autorisée, celle de se payer la tête des astrologues, et des voyants, sur le mode de Guillaume de Gonzague. D’ailleurs à ce titre Jacques de Billy est l’auteur immortel de la théorie votre signe a changé de signe, ayant eu un succès médiatiquement planétaire le 11 janvier 2011. Trois siècles après son décès. La preuve que les bonnes blagues ont un avenir séculaire. Notez que l'usage des sévices spirituels revient à user d'une autre forme de sévice corporel, celle de l'auto étranglement par étouffement spontané. Cela donne aussi des résultats...parfois surprenants, notamment lorsque le coeur lache. A qui le tour ?...


φClaude Théault 25/08/2018

La loi Française comporte quelques textes autorisant les sévices mentaux "selon la loi du genre". La victime ne peut l'interdire. Est-ce une survivance des anciennes coutumes franques? Le Vieux Coustumier de Poictou considérait que la diffamation relevait de la basse justice, article 11, de celui qui tenait fief noblement ou par parage. Le seigneur bas justicier n'avait le droit de sanction que pour la somme de sept sols et six deniers qu'en cas de paroles d'aucuns "appelé traitres ou meurtriers" sous réserves de prouver la vérité de ces paroles contre celui contre qui elles étaient dites. Le seigneur châtelain pouvait tenir une grande audience -appel- quatre fois par an, et les petites audiences, dites de prévotépolice- mensuellement, une au rythme de la quinzaine, ou une hebdomadaire.


numérisé par astroemail pour dépôt légal numérique août 2018








JEU DE L'OIE DU HASARD ASTROLOGIQUE

Ce livre inspira Paul Couderc pour sa théorie de la précession du zodiaque, notamment les 25 années de publication de ses Que Sais-je de l'astrologie? aux PUF de 1951 à 1978, ainsi que Michel Gauquelin pour son effet Mars des années 1970-1980.


La théorie -inventée- de la précession du zodiaque donna lieu le 14 janvier 2011 à l'opération planétaire d'intoxication médiatique mondiale "votre signe a changé de signe".


Jacques de Billy formule dans son livre une troisième idée, actuellement mise en oeuvre, celle du traitement Procuste de l'information. En d'autres termes la désinformation généralisée de catégories entières de publics par la diffusion de fausses nouvelles. En partant du principe que les scientifiques font la loi dans le domaine des connaissances.


Principe qu'il mettait en oeuvre, notamment sous la forme du bluff de la précession du zodiaque qu'il convient d'analyser en qualité de Lit de Procuste pour astrologues. Notamment "que la première étoile du bélier se trouvait en 1657 au degré 29". A la vérification c'est faux.


Ce livre se lit comme l'application pratique d'une méthode.

Au nombre des moyens exposés Jacques de Billy conte plusieurs historiettes se rapportant à l'emploi de sévices cruels arbitraires tels qu'étrangler l'astrologue.


Le livre de Jacques de Billy est traduit avec 243 commentaires, publié en mai 2018 par Astroemail, avec son titre original "jeu de l'oie astrologique" proposé par Jacques de Billy dans son texte initial. Titre auquel le mot hasard est rajouté.


Car Jacques de Billy traite du hasard sauvage, au sens exposé par Nicolas Taleb en 2009 des symétries, des inepties, et des aveuglements probabilistes.


prix 35€ ttc

306 PAGES 20 chapitres  243 COMMENTAIRES + UNE PREFACE format 17,5x22 hqpdf, sommaire hypertextualisé.Bibliographie, Index ISBN 9772901149348





JEU DE L'OIE DU HASARD ASTROLOGIQUE jeu de l'oie du hasard astrologique



 

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